mercredi 21 novembre 2012

L’Argentine et les droits de l’homme

Entre absence de vérité et fiction devant le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU

Durant le mois d’octobre dernier, Genève  a été le lieu de deux rendez-vous essentiels pour la politique étrangère du gouvernement Kirchner.  Le premier, une rencontre publique et médiatisée, concernait les négociations irano-argentines pour lesquelles aujourd’hui Buenos Aires veut garder la confidentialité des pourparlers et  résultats. Cette réunion a eu un impact négatif et réveillé des préoccupations au niveau national et international[1]. Le second se déroulait devant le conseil des droits de l’homme de l’ONU, où l’Argentine a présenté son rapport dans le cadre de l’examen périodique universel (EPU), lors de la 14ème session du 22 octobre 2012.  Ce nouveau mécanisme unique du Conseil des droits de l’homme a pour but d’améliorer la situation des droits de l’homme dans chacun des  États membres des Nations Unies. L’Argentine s’est présentée pour la première fois en 2008[2] .
Au contraire du cas précédent, et bien que cette participation était publique, le traitement par les médias, l’opposition, les associations, les ONG et le gouvernement ont été très limités, voire inexistants. La « Pravda » nationale et d’autres médias[3] ont fait, sommairement, quelques commentaires le jour de la présentation et  le lendemain, puis plus aucune ligne n’a été écrite sur le sujet. Comme si l’Argentine n’avait rien à se reprocher en ce qui concerne sa politique des droits de l’homme alors qu’elle a reçue de nombreuses  critiques, observations et  recommandations pour ne pas les respecter. 

Au Conseil des Droits de l’homme des Nations Unies
Le ministre de la propagande ad-hoc du gouvernement Kirchner  a présenté dans son rapport  devant le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, une Argentine idéale, utopique même,  pensant peut-être en cela à Platon, Thomas More, Bacon, Campanella, ou Harrington[4], utilisant un mimétisme  discursif révolu propre de la lutte des classes[5].  Pourtant, rien de ce que dit ce rapport ne correspond à la réalité en Argentine[6].  Les 37 communications de parties prenantes[7] à l’EPU   confirment cette affirmation, car ces ONG  et des institutions sollicitent le strict respect des droits de l’homme en Argentine dans plusieurs domaines. La politisation de la justice, l’indépendance des magistrats, les mécanismes de protection des droits pour toutes les victimes (sans différences politiques, socio-professionnelles), sont sur le banc des accusés[8].

L’Argentine et les Droits de l'Homme

[1] Le gouvernement Kirchner partage-t-il la politique iranienne sur la disparition de l’Etat d’Israël ?    http://prospections.blogspot.fr/2012/11/le-gouvernement-kirchner-partage-t-il.html
[4] La République de Platon, L’Utopia de Thomas More (1516), La nouvelle Atlantide de Francis Bacon (1622), La cité du soleil de Tommaso Campanella (1623), L’Océana de James  Harrington (1656).
[6] A/HRC/WG.6/14/ARG/1 Présentation du rapport national http://www.upr-info.org/IMG/pdf/a_hrc_wg.6_14_arg_1_f.pdf
[7] A/HRC/WG.6/14/ARG/3 Résumé  de 37 communications de parties prenantes à l’EPU préparé par l’HCDH http://www.upr-info.org/IMG/pdf/a_hrc_wg.6_14_arg_3_f.pdf      
[8] Le mirage de la sécurité juridique sous le gouvernement Kirchner http://prospections.blogspot.fr/2012/10/le-mirage-de-la-securite-juridique-sous.html

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