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samedi 12 janvier 2013

La Sécurité économique internationale en question



Nouvel indicateur de l’intelligence économique ?

Depuis toujours, la sécurité économique a constitué pour les Etats et les gouvernements un facteur de puissance de politique nationale et internationale. A l’échelle mondiale, des alliances associant sécurité internationale et économie ont été créés[1], car le risque de perturbations du flux de ressources économiques (personnes, marchandises et produits de base stratégiques) peut engendrer des défis pour la sécurité[2].  Celle-ci est liée à la fois étroitement au développement, à la coopération, la cohésion sociale et aux investissements des secteurs publics et privés dans un territoire donné.

Ainsi, au-delà de l’intérêt  géopolitique,  de rapports de forces, ou des relations diplomatiques que la sécurité économique internationale (SEI) apporte aux Etats, aux gouvernements et aux acteurs en général,  plusieurs experts de l’intelligence économique introduisent aujourd’hui dans leur analyse cette variable dans le processus de l’aide à la décision; mais pour autant, constitue-t-elle un indicateur à part entière ; est-elle un facteur clé pour maîtriser les activités opérationnelles et de planification de l’intelligence économique ?

Ce-sujet est devenu un enjeu majeur dans un  contexte complexe de compétitivité mondialisée, de guerre économique tous azimuts, et constitue un pilier essentiel des politiques publiques de puissance. La communauté internationale la reconnaît comme l’un des composants essentiels de la sécurité humaine[3]. Aux Etats-Unis, elle « est identifiée comme levier de la relance économique et sociale »[4] en tant que stratégie, tandis qu’en France,  l’ancien député Bernard Carayon a proposé la création d’un conseil de sécurité économique[5].
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[1] Avant, pendant et après la guerre froide
[2] Principes d’économie de la défense et de la sécurité (DES) de l’Otan
[3] Taylor Owen in Les difficultés et l'intérêt de définir et évaluer la sécurité humaine. Revue Forum du Désarmement n° 3, 2004, Unidir, http://unidir.org/pdf/articles/pdf-art2147.pdf    
[4] Etats Unis vers une nouvelle stratégie de compétitivité et de sécurité économique? Philippe Clerc, Président de l'AIFIE, mars 2011
[5] Rapport d’information 1664 sur la stratégie de sécurité économique nationale  http://www.assemblee-nationale.fr/12/pdf/rap-info/i1664.pdf

mercredi 9 février 2011

Sécurité et développement. L’Intelligence économique territoriale



«  …Il faut agir dans trois domaines à la fois, le développement, la sécurité et les droits de l'homme, faute de quoi on ne réussira sur aucun front. Il n'y a pas de sécurité sans développement, il n'y a pas de développement sans sécurité, et il ne peut y avoir ni sécurité, ni développement si les droits de l'homme ne sont pas respectés »  (Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU dans  son rapport du 21 mars 2005 intitulé Dans une liberté plus grande : développement, sécurité et respect des droits de l’homme.)

La Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations Unies[1], la Charte des Nations Unis[2], ainsi que  la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples[3],  prévoient des droits sociaux que les gouvernements s’efforcent de faire respecter grâce à des protections attachées à l’emploi et octroyées par des politiques sociales. Le bien-être est pluridimensionnel là où l’insécurité est autant économique que physique[4]. Or la sécurité économique n’est pas toujours au rendez-vous.

Plus que dans d’autres domaines où s’appliquent les méthodes et techniques de l’intelligence économique, dans la sphère territoriale, la variable de sécurité multidimensionnelle est le pilier vital à la mise en place de toute initiative d’intelligence économique territoriale (IET).   La sécurité est un pré requis à niveau stratégique et opérationnel, pour les décideurs publics ou privés. Vis-à-vis des acteurs participants, elle rassure quant à leurs engagements humains, financiers, techniques, scientifiques. Finalement, la sécurité est l’élément essentiel pouvant garantir la réussite du projet si tous les autres facteurs sont bien positionnés.

Dans cette perspective, nous devons observer la sécurité économique d’une part comme l’ensemble des mesures visant à garantir un environnement économique sûr, équitable,  dynamique, propice aux innovations, aux investissements intérieurs et étrangers et à une croissance soutenue, et, d’autre part, comme l’ensemble des moyens actifs et passifs permettent d’assurer la sauvegarde du patrimoine informationnel de l’entreprise ainsi que ses activités.



[1] Parmi les articles 22, 23, 24 et 25…http://www.un.org/fr/documents/udhr/index.shtml 
[2] Par exemples les articles 13, 55… http://www.un.org/fr/documents/charter/index.shtml
[4] Rapport de la Commission sur la mesure des performances économiques et du progrès social Professeur Joseph E. STIGLITZ (14 sep 2009). Le bien-être est pluridimensionnel. Pour cerner la notion de bien-être, il est nécessaire de recourir à une définition pluridimensionnelle. À partir des travaux de recherche existants et de l’étude de nombreuses initiatives concrètes prises dans le monde, la Commission a répertorié les principales dimensions qu’il convient de prendre en considération. En principe au moins, ces dimensions devraient être appréhendées simultanément : a) les conditions de vie matérielles (revenu, consommation et richesse) ; b) la santé ; c) l’éducation ; d) les activités personnelles, dont le travail ; e)  la participation à la vie politique et la gouvernance ; f)  les liens et rapports sociaux ; g)  l’environnement (état présent et à venir) ; h)  l’insécurité, tant économique que physique.



jeudi 16 avril 2009

Observatoire d'études stratégiques de l'Union pour la Méditerranée

Déclaration de Madrid,


Nous, les participants à la conférence de lancement de l’Observatoire d’études stratégiques de l’Union pour la Méditerranée qui se tient à Madrid le jeudi 16 avril 2009 organisé par l’Université Complutense de Madrid, l’Assemblée des Chambres Françaises de Commerce et d’Industrie et l’Association Internationale Francophone d’intelligence économique ;

Oeuvrant  au rapprochement permanent du monde de l’université, du monde des entreprises et des sociétés civiles ;

Considérons

-          que le monde méditerranéen par la diversité de ses cultures et la richesse de ses réseaux de savoir constitue une source d’intelligence collective et de développement inexploitée ;
-          qu’il convient de mieux la cerner pour mieux l’utiliser à des fins de coopération et de développement au sein de son univers, entre son univers et les autres mondes.

Affirmons que l’espace méditerranéen doit se doter d’une force de frappe coopérative capable de forger de nouvelles alliances face aux périls contemporains qui ne peuvent plus être résolus seuls.

Dans le but d’apporter une dynamique d’innovation et de création de projets concrets pour que vive l’Union pour la Méditerranée ;

Déclarons

- que  l’intelligence stratégique et prospective représente un levier majeur de la nouvelle dynamique de cohésion de l’espace méditerranéen ;

- que l’observatoire d’études stratégiques de l’Union pour la Méditerranée que nous créons aujourd’hui œuvrera à la mobilisation  des réseaux  d’intelligences au service de la sécurité économique et de la cohésion sociale au sein de la Méditerranée.

- que cet observatoire constitue une plateforme d’expertise,  un réseau de veille stratégique et d’alerte au service d’intérêts communs jugés stratégiques par ses membres ;

- que l’impact de la crise sans précédent historique que nous vivons, sa gestion et  la préparation de sa sortie constituent  un défi majeur pour cette initiative collective.


A Madrid, le jeudi 16 avril 2009